CANCER DU SEIN : Jeûner la nuit pour éviter une rechute ?

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Les femmes qui attendent plus longtemps entre leur souper et leur déjeuner sont moins à risque de subir une rechute du cancer du sein, selon une nouvelle étude américaine. Ces résultats pourraient s’appliquer à d’autres types de cancers, selon les chercheurs de l’Université de Californie à San Diego.

« Plusieurs études ont étudié l’impact de l’alimentation sur le cancer du sein, mais les résultats ont été conflictuels jusqu’à maintenant, explique Catherine Marinac, auteure principale de l’étude publiée dans la revue JAMA Oncology. Certains chercheurs ont proposé que ce qui est important n’est pas tant ce que l’on mange, mais quand on le mange. Nous avons voulu vérifier l’information. »

Durant la période de suivi de sept ans, 16 % des 2400 femmes de l’échantillon californien ont eu une rechute du cancer du sein, après un premier diagnostic suivi d’une rémission. Celles qui jeûnaient plus de 13 h par nuit avaient un tiers moins de risque de rechute. Le jeûne nocturne n’avait pas d’impact sur la mortalité de ces rechutes de manière statistiquement significative, mais la tendance statistique montre qu’avec un plus grand échantillon, ce pourrait être le cas, selon Mme Marinac.

Il y avait une différence de 2 h 30 min entre les jeûnes des deux groupes : celles qui jeûnaient moins de 13 h attendaient 11 h 30 min entre la dernière collation et le déjeuner, et les autres un peu plus de 14 h.

Le mécanisme en cause pourrait être la régulation du glucose. « Il semble qu’une mauvaise régulation du glucose augmente le risque de cancer du sein, dit la nutritionniste de San Diego. Soit le jeûne nocturne améliore directement la régulation du glucose, soit il favorise un meilleur sommeil en synchronisant mieux les périodes d’éveil avec les phases du sommeil. Il nous faut faire plus d’études sur le sujet. »

Des études chez la souris ont montré un risque de cancer du sein plus faible avec un jeûne nocturne prolongé, qui semble lié à la régulation du glucose. L’an dernier, une vaste étude menée auprès de 117 000 infirmières américaines suivies pendant 22 ans a montré que le diabète augmente de 17 % le risque de cancer du sein.

PAS DE RECOMMANDATION

Ces résultats préliminaires suffisent-ils pour une recommandation ? Pas encore, dit Mme Marinac, qui précise toutefois que, personnellement, elle est à l’aise de conseiller à ses proches de prolonger leur jeûne nocturne, « pourvu qu’ils n’aient pas déjà des problèmes de glucose ».

Faut-il jeûner complètement ? « Nous ne tenions pas compte d’une collation de moins de 25 calories, par exemple un verre d’eau ou un Coke diète », dit Mme Marinac.

Qu’en est-il du jeûne de jour ? « Ce n’est pas une approche qui est testée actuellement, parce que ça peut toucher le rythme circadien et le métabolisme », dit la nutritionniste.

Pourrait-on utiliser ces résultats pour la détection, en augmentant la fréquence des mammographies chez les femmes qui jeûnent moins longtemps la nuit ? « Je ne crois pas que l’augmentation du risque soit assez importante pour avoir un impact en détection, ça va se limiter à la prévention », dit la nutritionniste californienne.

L’échantillon avait été conçu pour tester une diète spéciale pour les survivantes du cancer du sein. « Ça n’a malheureusement pas eu l’impact escompté sur le risque de rechute, dit Mme Marinac. Mais nous avions à notre disposition un échantillon dont les habitudes alimentaires étaient très bien caractérisées. Ça nous a permis de faire cette étude. »






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