Le jeûne thérapeutique : la (re)découverte de ses bienfaits

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Le jeûne s’est imposé à l’homme depuis la fin des temps. Cette pratique originelle est aujourd’hui mise en avant pour les bienfaits qu’elle apporte. Un nombre croissant de spécialistes vantent les mérites du jeûne thérapeutique pour combattre les maladies comme les troubles mentaux et même plusieurs types de cancers.
Un chirurgien cancérologue, le docteur Michel Lallement est devenu l’un des cancérologues français les plus partisans du jeûne thérapeutique. Il explique comment il s’est intéressé aux effets de la diète sur l’organisme :

J’ai eu une formation classique, puis à un moment, j’en avais assez d’opérer des femmes pour leur cancer du sein et de les mutiler. Je me suis dit : il faut prendre le ou la malade dans son ensemble…

… j’ai fait le constat, comme tant d’autres, que les cancers explosent. Que faire ? J’ai choisi de travailler sur le terrain de la personne, l’alimentation en particulier

Le jeûne déplaît-il à l’industrie pharmaceutique ?

Depuis peu, se développe tout un courant pour vanter les mérites cliniques du jeûne, en particulier pour soigner de graves maladies mentales, mais aussi bon nombre de cancers. Il y aurait des dizaines d’essais en cours en Europe, aucun en France.

On peut s’autoriser à commenter ces faits, sachant l’importance de l’industrie pharmaceutique dans notre pays, et la puissance du lobby qui s’y rapporte. D’autant plus que le coût parfois exorbitant des traitements du cancer représente une manne financière considérable.

Un reportage très instructif diffusé sur Arte

Le livre : « Le Jeûne, nouvelle thérapie ? » (voir un aperçu du livre )  retrace l’histoire du jeûne thérapeutique à travers le monde. Il fait le tour de la question en présentant les différentes techniques appliquées de la diète par la médecine. Il se rapporte au documentaire du même nom, réalisé par Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman, diffusé sur Arte en septembre 2013. (la vidéo peut être vue sur youtube)

Un moyen de rester en forme, d’améliorer l’efficacité de certains traitements, de « purifier » son corps… de nombreuses études ont déjà analysé le phénomène. Mais les effets du jeûne, notamment ces risques potentiels, continuent de faire débat.

Jeûner est-il dangereux ? Quels sont les effets exacts du jeûne sur l’organisme ? Le documentaire de Thierry de L’Estrade répond aux questions que l’on se pose régulièrement sur cette pratique.





Les nombreuses pistes du jeûne thérapeutique

jeûne thérapeutiqueComment doit-on comprendre ce phénomène? Comme souvent lorsqu’il s’agit de médecine parallèle : le jeûne n’est pas considéré «comme une bonne pratique médicale» par la médecine en général et l’Institut national du cancer en particulier.

C’est vrai que l’on trouve un peu de tout en matière de diète médicale. Le livre de Thierry de Lestrade est un bon reflet de ce fourre-tout. S’y amoncellent des témoignages sur un registre «quasi miraculeux», mais aussi une analyse historique intéressante, où l’on apprend comment le jeûne est devenu à la mode, notamment pour traiter les maladies mentales au début du siècle, pour disparaître ensuite, vaincu par les industries pharmaceutiques qui sont parvenues à imposer leurs molécules.

La diète conduit à la mort des cellules cancéreuses

Pourquoi diable les cellules cancéreuses mourraient-elles lorsque nous jeûnons ? Une réponse est apportée par le docteur Valter Longo, un chercheur italien installé aux Etats-Unis. C’est lui qui a repris le cheval de bataille du jeûne, il y a une dizaine d’années. Il le théorise ainsi :

En période de jeûne, nos cellules saines se protègent, elles vont même de mieux en mieux. Elles ont gardé un patrimoine génétique permettant l’adaptation aux circonstances extrêmes, par exemple au manque de glucide pendant le jeûne. Alors que les cellules cancéreuses, elles, ont perdu ce patrimoine génétique et sont dépendantes du glucide. Sans glucide, les cellules cancéreuses régressent, voire disparaissent.

Une nouvelle stratégie a vu le jour : cumuler le jeûne et la chimiothérapie pour accélérer la disparition de la tumeur.

Des réussites de guérison spectaculaires

Il existe de nombreux exemples de réussite, comme pour Jean-Claude, autoguéri d’un cancer de la vessie après un jeûne de vingt-huit jours : plus il jeûnait, mieux il se sentait :

J’aurais préféré mourir que de me faire enlever la vessie. Tout le monde doit expérimenter le jeûne au moins une fois. Cela a été le révélateur de ma vie.

Des cas étrangers viennent appuyer cette thèse. Comme celui d’un médecin russe, Yuri Nikolaev, mort en 1998 à 92 ans : il aurait multiplié toute sa vie des expériences sur le jeûne. Dans sa clinique, en Sibérie, plus de 1 000 personnes viennent jeûner chaque année :

Pour ceux qui arrivent avec une prescription médicamenteuse, leur dose est peu à peu réduite pour être retirée dès que possible.

Quarante ans d’études du jeûne en Russsie

jeûne thérapeutiqueLes Soviétiques, puis les Russes, ont constitué quarante ans d’études cliniques, établi des protocoles, des listes d’indications et de contre-indications. Et les résultats sont là, le jeûne est très bon pour l’hypertension, l’asthme, mais aussi les grandes maladies mentales, comme la schizophrénie. Les russes ont soigné des dizaines de milliers de patients, révèle Thierry de Lestrade dans son documentaire.

Valentin Nicolaïev, médecin à Moscou, pointe néanmoins les difficultés actuelles pour le développement de cette pratique médicale à travers le monde :

Sommes-nous prêts à penser le monde autrement ? A penser notre système de santé autrement, à penser notre rapport au soin et au corps différemment ?

Le jeûne et ses dangers soupçonnés… ou fabriqués ?

Pour jeûner, il ne faut plus consommer que du thé, de l’eau ou du bouillon de légumes. Cette pratique est-elle dangereuse? Force est de constater que depuis la fin des temps c’est une pratique courante. La spiritualité et le jeûne sont également intimement liés. Cela ne semble pas avoir affecté significativement la santé des adeptes pratiquants.

D’autre part, les périodes de famine jalonnent l’histoire humaine. Ce fut tellement le cas qu’aujourd’hui encore, nos cellules l’ont gardé en mémoire. Elle sont capables d’adopter un mode « survie » qui les préserve et les renforce.

Oui il est vrai que le corps médical est méfiant, c’est une bonne chose tant que la recherche est possible et financée, ce qui est loin d’être le cas.

Quant à l’industrie pharmaceutique la position défendue est bien plus catégorique : elle considère le jeûne comme éminemment dangereux pour la santé humaine, et certainement pour ses propres finances…

Alors, nul doute que des études douteuses poindront, venant malmener ce concept médical prometteur en terme de santé et d’économie pour les malades. Il appartient à chacun de garder son libre arbitre en s’informant et en identifiant les intérêts des uns et des autres intervenants dans ce domaine. Il est toujours bon de regarder qui finance les études coûteuses avant d’essayer d’en comprendre les résultats.

Attention aux arguments des professionnels du secteur

Il existe aux USA, en Suisse, et depuis moins longtemps en France; des maisons de convalescence où sont pratiqués des jeûnes ou des cures diététiques. L’intérêt financier que représente le secteur est énorme. Le lobbying qui s’exerce actuellement encore, vise à associer la notion de danger au jeûne thérapeutique dans l’esprit des gens qui sont des clients potentiels avant tout.

II est possible de jeûner simplement, sans surveillance médicale, surtout s’il s’agit d’un jeûne de courte durée. Le but de cette thérapie est d’éliminer les surcharges de l’organisme liées au déséquilibre alimentaire.

Le jeûne sans surveillance médicale est donc indiqué en priorité chez les personnes sans déséquilibre majeur. Par contre, il est indiqué sous surveillance médicale chez les personnes malades.

Le jeûne en pratique

Jeûner c’est s’abstenir de toute nourriture, excepté de l’eau ou des bouillons de légumes. Il se pratique sur un temps limité. On peut très bien commencer par un jeûne d’une journée. Puis à l’avenir augmenter le temps du jeûne de plusieurs jours, jusqu’à quelques semaines en fonction de ses ressentis lors des séances précédentes. Le bon sens veut que les séances ne soient pas rapprochées dans le temps.

Jeûner est un moyen pour guérir parmi les plus anciens. Auparavant, il était synonyme de purification, il éliminait les causes de maladie en nettoyant le corps. Hippocrate disait :

Plus vous nourrissez un malade, plus vous lui nuisez.

Dans le passé en effet le jeûne était une pratique courante, pas seulement pour obtenir la guérison d’une maladie. En effet, associé à la prière, il procurait disait-on « des bénédictions spirituelles ». Un enseignement des méthodes de la pratique du jeûne était alors transmis et se pratiquait sans surveillance médicale.





Le jeune se déroule sur trois temps distincts :

  1. Un temps de préparation
  2. L’abstention de nourriture
  3. Une phase de retour à l’alimentation

Pour celui qui jeûne, la volonté et une entière collaboration sont essentielles à l’obtention des bienfaits recherchés.

1. La Préparation au jeûne

Elle est indispensable et s’effectue sur un à deux jours. Ce temps préalable au jeûne lui même, doit permettre au corps d’entrer dans les meilleures conditions possibles avant la privation de nourriture.

Elle consiste à évacuer son intestin par une purge ou des lavements doux. Pour la purge on utilise 40 à 50 g de citrate de magnésie effervescent et 10 à 15g de sulfate de soude sec, le tout dissous dans un demi-litre d’eau tiède et bu en deux prises espacées de 30 minutes. On peut ainsi boire des tisanes diurétiques, queue de cerise, menthe, verveine, etc.

Les lavements doux ne sont pas obligatoires. Ils consistent à injecter dans le côlon un litre à un litre et demi d’eau tiède. Quand l’intestin est bien nettoyé, la seconde phase peut démarrer.

2. La phase de jeûne

Cette phase consiste à boire des tisanes diurétiques non sucrées durant la journée, ou de l’eau toutes les 2 heures. A midi on boit une infusion chaude, puis une autre à 18 heures. L’eau doit être bue pure uniquement, jusqu’à 3 litres chaque jour. Il est préférable de débuter la phase de jeûne le soir en s’abstenant de dîner.

En respectant ce protocole, progressivement la sensation de faim disparaît après le troisième jour de jeûne. Si le jeûne est mal supporté (faim, insomnie, malaises), il faut boire davantage d’eau, et se permettre de remplacer l’eau par des bouillons de légumes.

Vous pouvez à tout moment rompre le jeûne si vous vivez mal la situation. Dans ce cas consommez des fruits frais.

3. Phase de retour à l’alimentation normale

La reprise alimentaire s’effectue progressivement:

Le premier jour : le premier aliment à réintroduire est le fruit frais de saison. Si le jeûne a duré 3 semaines et plus, il ne faut manger que 3 ou 4 fruits pendant la journée.

Le deuxième jour : on ajoute des crudités disponibles de saison, puis le pain complet ou la galette de blé en quantité limité.

Le troisième jour : on peut manger plus normalement en introduisant du poisson. Il faut privilégier les aliments non gras et limiter les quantités.

Le jeûne permet de détruire beaucoup de mauvaises habitudes. Profitez-en pour ne pas les reprendre.







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