Les bienfaits de la molène sur le système respiratoire

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La molène, qui répond aussi au nom de bouillon-blanc, est une plante fantastique qui soigne avec brio les muqueuses et le système respiratoire.

Effectivement, sa propriété d’accroître les capacités pulmonaires est tout bonnement époustouflante ! Indépendante et digne, cette plante au port altier possède aussi quelques vertus moins connues qui la rendent encore plus appréciable.

Portrait de la molène

La molène est une plante qui se démarque : au début de l’été, on aperçoit au ras du sol ses rosaces de feuilles duveteuses et charnues comme du feutre qui lui ont valu le surnom d’oreilles de mouton. À l’automne, une impressionnante hampe florale se dresse bien droite et se couvre de fleurs jaunes, atteignant parfois les 2 mètres de haut.

Originaire de la méditerranée, elle s’est naturalisée à travers l’Europe et l’Est de l’Amérique du Nord. Cette plante bisannuelle de la famille des scrophulariacées se déplace d’années en années, choisissant son endroit préféré au sein des espaces dégagés et secs comme les prés et les jardins.

Usages médicinaux

La plupart des usages médicinaux de la molène sont attribués à sa feuille dont la saveur est rafraichissante et sucrée, avec un peu d’amertume et d’astringence. On utilise aussi les fleurs et la racine mais les graines sont impropres à la consommation. À moins qu’il en soit précisé autrement, nous traiterons dans cet article des usages de la feuille de la molène.

Système respiratoire

En herboristerie, la molène est particulièrement prisée pour dégager et régénérer les alvéoles pulmonaires. On la considère non seulement comme tonique mais aussi comme régénératrice des poumons et broncho-dilatatrice. De plus, elle possède un composé agissant sur le système nerveux central et qui stimule l’expectoration du mucus. (1)

Elle équilibre les muqueuses en asséchant le mucus excédentaire ou alors en humidifiant les muqueuses desséchées. Elle est aussi adoucissante et anti-inflammatoire. On l’utilise en prévention pour se prémunir contre les bronchites, les rhumes et la toux ou alors pour soigner l’insuffisance pulmonaire, l’asthme et toute forme de congestion respiratoire.

Système lymphatique

La molène à la propriété de faire circuler la lymphe en la rendant plus fluide et plus liquide, ce qui contribue à réduire les congestions tel l’œdème, les inflammations aux ganglions lymphatiques et les mastites, par exemple. On peut aussi bien tremper les feuilles de molène entières et les appliquer sur les parties du corps affectées qu’en consommer à l’interne pour obtenir ses effets.

Un remède traditionnel pour les otites encore en usage aujourd’hui consiste à appliquer une huile infusée des fleurs de molène autour des oreilles afin de décongestionner les canaux auditifs et de diminuer l’inflammation, ce qui en général vient à bout de la douleur. Cette huile peut également servir à tempérer les inflammations aux nerfs et la douleur qui en découle en cas de névralgie, de spasmes musculaires, de paralysie ou pour le syndrome du tunnel carpien.

Système urinaire

Pour le système urinaire, on emploie la racine de molène pour augmenter la rétention d’urine et tonifier le sphincter de la vessie. Les feuilles épaississent aussi l’urine, facilitant sa rétention. (2) Les effets anti-inflammatoire et humidifiant de la feuille de molène se font aussi sentir au niveau des muqueuses urinaires, soulageant ainsi les sensations de brûlures et de sécheresse.

D’autres usages traditionnels

En Europe, au moyen-âge, on fabriquait des torches pour les cérémonies religieuses à l’aide de la tige de la molène en la trempant dans la graisse de bœuf. Pour confectionner une mèche de bougie, on se servait de la queue de ses feuilles.

On rapporte aussi que sur les sols contaminés, l’épi de la molène pousse croche, nous révélant l’influence de contaminants chimiques.

D’autre part, la molène est considérée en Inde et en Grèce comme une plante de protection contre la magie et les esprits malins qui éloigne aussi les bêtes sauvages et chasse les cauchemars. Pour se protéger, on la suspend au-dessus des portes et fenêtres ou bien on la porte sur soi dans un petit sachet. Le légendaire Ulysse l’aurait utilisé pour se prémunir des enchantements de Circé.

Même si la molène est originaire d’Europe, selon Matthew Wood les « Grands-Pères » autochtones d’Amérique l’ont résolument adoptée comme plante médicinale. (3) D’ailleurs, la molène est devenue un ingrédient régulier de leurs mélanges à fumer. Aux monts Ozarks du sud-ouest américain, pour connaître l’inclinaison d’une femme à leur égard, les hommes plient un épi de molène vers sa maison : si celui-ci repousse bien droit, leurs sentiments sont réciproques alors que si la plante meure, cette femme est amoureuse d’un autre homme. (4)

Comment consommer la molène

Comme la plupart des toniques, un usage constant sur une période de 2 ou 3 mois est recommandé pour bénéficier pleinement de ses effets.

Voici les modes d’utilisation les plus utiles pour la molène :

Infusion : pour une tasse d’eau bouillante, mettre 1 c. à soupe de feuilles de molènes séchées et laisser infuser 5 minutes ; boire 2 à 4 tasses par jour.

Extraits liquides : il existe des concentrés liquides de molène fabriqués à base d’alcool, de vinaigre ou de glycérine, suivez la posologie indiquée sur le produit ou consommez 30 gouttes 2 fois par jour, pour une concentration de 1:2

Huile infusée : on les fabrique en laissant les fleurs de molène macérer dans une huile végétale que l’on applique ensuite deux ou trois fois par jour au besoin ou pendant quelques semaines, voir quelques mois, pour soigner les névralgies ou décongestionner la lymphe.

Compresses : il s’agit d’ébouillanter les feuilles entières de molènes (séchées ou non), de les laisser tiédir puis de la appliquer en externe sur une zone affectée, soit pour cicatriser la peau ou alors diminuer l’inflammation et la rétention d’eau. Cette technique aide aussi à enlever les échardes de la peau.

Contre-indications

À cause de son léger contenu en coumarines, on évite de consommer la molène en compagnie de médicaments qui fluidifient le sang ou avant une opération médicale telle une extraction dentaire. Par ailleurs, certaines personnes réagissent aux petits poils de la molène qui échappent en partie aux passoires et aux instruments qui servent à filtrer les tisanes. Lorsque ceux-ci provoquent des inconforts, il suffit de filtrer la tisane dans un filtre à café.

Références article
1. Balch, Phyllis A. Prescription for Herbal Healing, Avery, New York, É.-U., 2002. p. 100.
2. Squire, Thomas Broken Bear. Herbal Folk Medicine, Henry Holt & Co., New York, 1997. p. 133.
3. Wood, Matthew. The Book of Herbal Wisdom, North Atlantic Books, Berkeley, California, 1997. p. 491
4. Cunningham, Scott. Encyclopedia of Magical Herbs, Llewellyn Publications, St. Paul, Minnesota, É.-U., 1998. p. 158.

Source (cliquez sur le lien)






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