Mangez-vous vos émotions ?

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Comment transformer l’alimentation émotionnelle par un style de vie hédoniste ?

Nous avons tous entendu parler d’alimentation émotionnelle, un terme souvent associé à la pathologie et à la honte.

Malheureusement, ce sombre secret peut causer beaucoup de dommage émotionnel. Ce que la plupart des gens ne réalisent pas est qu’en tant qu’être humains, nous mangeons tous nos émotions !

Pensez-y : si les chiens de Pavlov salivaient en entendant une cloche, combien d’associations pouvons-nous faire avec la nourriture au cours dune vie ! Celles-ci peuvent être liées à toute une gamme d’émotions ressenties : moments d’amour, d’excitation, de bonheur, de sécurité, ou d’effroi ; ou encore périodes festives ou tristes. Ce lien créé entre les récompenses, les punitions et l’évacuation du stress peut aussi nous amener à manger pour nous réconforter.

Quelle que soit la nourriture associée à ces moments, elle deviendra inévitablement liée à ces sensations ainsi qu’aux émotions reliées à ces souvenirs et à ces expériences. La vie nous touche à bien des égards et manger est l’un des besoins universels que nous avons tous…ce qui en fait donc inévitablement une partie cruciale des expériences – et des obstacles – que nous vivons.

Qu’est-ce que l’alimentation émotionnelle ? 

L’alimentation émotionnelle est toute forme d’alimentation déclenchée par des besoins ou des réactions émotionnelles et non par des besoins physiologiques de subsistance. Il en existe deux principaux types :

Un signal pour manger (associations directes)

Comme les chiens de Pavlov qui ont appris que le son d’une cloche signalait l’arrivée imminente de nourriture – les faisant ainsi saliver -, certaines situations ou signaux dans notre environnement peuvent avoir le même effet sur nous. Les annonceurs et les créateurs de marques savent profiter de ce fait et ainsi empocher les profits. A la vue des arches dorées, du logo d’une enseigne ou d’autres signes similaires, notre réaction et notre éventuel comportement subséquent d’acheter et de manger (quand nous n’avons pas vraiment faim) sont totalement naturels. Dans un monde rempli d’images, des slogans et de chansons entraînantes, il est difficile de réduire notre exposition à ces signaux.

Répondre aux besoins (l’alimentation médicinale)

Plus subtile, mais beaucoup plus séduisante, est la tendance naturelle a utiliser la nourriture comme médecine émotionnelle. Lorsqu’elle n’est pas surexploitée, la nourriture peut répondre a de nombreux besoins.

7 besoins alimentaires communément rencontrés

  1. Apaiser/réconforter : dès la naissance, la nourriture joue le rôle de première sucette.
  2. Stimuler/exciter : certains aliments stimulent le corps humain, tels que la caféine, le chocolat, la nourriture épicée ou le sucre (certains ont comparé le sucre a du crack légal en raison de son impact sur le système neurologique.
  3. Réjouir : manger peut être une activité agréable en soi.
  4. Distraire ou apaiser l’anxiété ou l’angoisse/réduire l’inconfort émotionnel : en cas d’émotions désagréables ou de nervosité, l’alimentation peut offrir une distraction a l’inconfort émotionnel. Manger déclenche également la réponse parasympathique ; l’intensité des sentiments indésirables peut donc être apaisée en mangeant.
  5. Faire plaisir aux sens : manger peut impliquer tous les sens ; cela peut donc offrir un plaisir sensoriel.
  6. Idée facile de tête-à-tête ou de sortie entre amis : parce que c’est une activité universelle merveilleuse que de partager, manger offre une façon toute simple de développer et d’entretenir des relations.
  7. Exutoire créatif/expression de soi : l’art culinaire est une forme d’art viable et offre un véhicule d’auto-expression.

En d’autres termes, il est naturel d’utiliser la nourriture en tant que médecine, autant pour la guérison émotionnelle que physique. Manger ses émotions n’est pas problématiques en soi : c’est propre a l’être humain.

Quant l’alimentation émotionnelle devient un problème et quoi faire pour y remédier ?

Manger ses émotions devient un danger pour la santé physique et émotionnelle lorsque la nourriture est surutilisée  pour répondre aux besoins énumérés ci-dessus. Cela survient en cas de manque de plaisir, autre que la nourriture, dans notre vie. Un manque de plaisir est une raison majeure pour laquelle la nourriture est souvent utilisée de façon excessive comme médicament de choix. La bonne nouvelle est que la solution est plutôt simple : plaisir / hédonisme responsable.

Le plaisir est sous-utilisé en tant qu’un des meilleurs antidépresseurs naturels disponibles. Un vaste sujet en lui-même, le plaisir agit aux niveaux cognitif, sensoriel, neurologique et émotionnel – qui contribuent à la guérison. En élargissant vos horizons sur les plaisirs non alimentaires qui vous sont accessibles (activité physique, nature, médication, lecture, jouer avec des enfants ou un animal de compagnie, bénévolat, etc.) et en les utilisant dune manière intentionnelle, votre dépendance à l’alimentation en tant que principale source de plaisir diminuera, réduisant ainsi votre envie de manger vos émotions.

Notre relation avec la nourriture est très complexe. Elle est façonnée par nos expériences, notre culture et nos traditions, ainsi que par nos stratégies pour faire face aux obstacles de la vie. Se débarrasser de notre habitude à juger l’alimentation émotionnelle et de la honte qui y est associée possède, à lui seul, un effet libérateur. Cependant, en développant une compréhension plus approfondie et notre compassion face a la vraie nature de l’alimentation émotionnelle, nous ouvrons la voie à une vie plus épanouie et plus saine.

Source : Theresa Nicassio, PhD, Les faits naturels.

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