TOP aliments pour prévenir le cancer

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Notre vision du cancer a beaucoup changé au cours des dernières années. Alors qu’on a longtemps perçu le cancer comme une maladie foudroyante qui apparaît du jour au lendemain, on sait maintenant qu’il s’agit plutôt d’une maladie chronique, qui requiert dans la plupart des cas plusieurs décennies pour parvenir à un stade clinique.

Nous sommes tous porteurs de tumeurs immatures, et donc à haut risque de développer un cancer, mais les avancées de la recherche ont clairement démontré que la progression de ces micro-tumeurs en cancers matures est fortement influencée par les habitudes de vie, en particulier les habitudes­­ alimentaires.

Grâce à des analyses rigoureuses réalisées par les organismes de lutte contre le cancer, comme le World Cancer Research Fund, l’American Cancer Society ou la Société canadienne du cancer, il est possible de recenser dix aspects principaux du mode de vie qui augmentent le risque de cancer et d’adopter en conséquence certains comportements qui neutralisent ce risque et pourraient ainsi diminuer significativement l’incidence de cancer dans nos sociétés.
 Un aspect crucial, et généralement bien connu de la plupart des gens, est bien sûr de réduire au minimum l’exposition aux agents cancérigènes comme la fumée de cigarette, l’alcool et les rayons ultraviolets.





Le tabac est, à lui seul, responsable du tiers de tous les cancers en raison de la hausse radicale du risque de cancer du poumon et d’une quinzaine d’autres types de cancers chez les fumeurs, tandis que l’alcool et les rayons UV sont des agents inducteurs­­ bien caractérisés des cancers­­ du système digestif et de la peau, respectivement.

Ce que l’on sait moins, c’est à quel point les mauvaises habitudes alimentaires, un excédent de poids et l’inactivité physique peuvent aussi représenter des facteurs importants de risques de cancer. La carence en végétaux, la surconsommation d’aliments riches en sucre et en gras, l’excès de viandes rouges et de charcuteries ou encore d’aliments très salés ont tous été associés à un risque accru de cancer.

Ce mode d’alimentation représente la pire combinaison possible pour le maintien de la santé, mais la meilleure pour favoriser le développement du cancer.

Épidémie d’obésité

Tous les pays, sans exception, qui adoptent le mode d’alimentation en vogue en Occident doivent composer avec une hausse alarmante de l’obésité, du diabète et de plusieurs types de cancers.

D’un côté, l’excès de calories mène à une augmentation de poids­­, et beaucoup d’études ont clairement démontré que l’embonpoint et l’obésité étaient associés à une hausse du risque de plusieurs types de cancers­­.

De l’autre, la faible consommation de produits végétaux prive l’organisme de plusieurs milliers de molécules anti-inflammatoires et anticancéreuses qui peuvent entraver la progression des cellules cancéreuses et réduire l’incidence de plusieurs types de cancers.

Pris globalement, on estime que les aspects du mode de vie liés à l’alimentation et au poids sont responsables environ du tiers de tous les cancers, un pourcentage aussi important que celui causé par le tabac, pourtant le plus important agent cancérigène décrit à ce jour.

Manger les bons aliments

Les végétaux représentent une composante fondamentale de tout régime alimentaire destiné à combattre le cancer, mais plusieurs données scientifiques suggèrent que la nature des fruits et des légumes pourrait jouer un rôle aussi important que la quantité consommée, car certains aliments constituent des sources privilégiées de molécules anticancéreuses.

Il ne s’agit donc pas seulement de consommer le minimum de cinq portions de fruits et de légumes recommandées par les organismes de santé publique, il faut surtout privilégier ceux qui sont les plus aptes à prévenir le développement du cancer.

Saisissons cette chance pour changer les probabilités en notre faveur en utilisant à notre profit cet arsenal de composés anticancéreux présents de façon naturelle dans certains aliments de notre quotidien.

Près des deux tiers des cas de cancers qui touchent actuellement la population pourraient être prévenus simplement en modifiant les habitudes de vie, un impact positif qu’aucun traitement ne pourra vraisemblablement jamais égaler, étant donné la complexité d’un cancer cliniquement déclaré.

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L’AIL ET SES COUSINS TIENNENT LE CANCER À DISTANCE

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  • Composés phytochimiques: Allicine, diallyl sulfide, diallyl trisulfide,
  • Principaux cancers: Œsophage, estomac, côlon

L’ail est possiblement le plus vieil exemple d’une plante utilisée autant pour ses propriétés nutritives que ses impacts positifs sur la santé.

Considéré par les Égyptiens et les Grecs comme un aliment qui donnait force et endurance (les premiers Olympiens étaient gavés d’ail avant les compétitions, ce qui en fait la première substance améliorant les performances athlétiques de l’histoire!), l’ail était aussi un ingrédient indispensable aux médecines traditionnelles des premières civilisations, étant utilisé depuis la plus haute antiquité comme remède à une grande variété de conditions, allant des infections aux problèmes de circulation, de respiration ou de digestion.

Plusieurs études populationnelles indiquent que les personnes qui consomment régulièrement des légumes de la famille de l’ail (ail, oignon, échalote, ciboulette, poireau) sont moins à risque de développer certains types de cancers, en particulier ceux du système digestif (estomac, œsophage, côlon). Un effet protecteur contre les cancers de la prostate, du pancréas et du sein a aussi été rapporté.

L’ail et ses proches parents représentent donc des végétaux indispensables à la prévention du cancer; en l’occurrence, il importe d’en manger le plus régulièrement possible. L’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes de consommer quotidiennement de 2 à 5 g d’ail frais (soit environ une gousse).

PETITS FRUITS, GRANDS ENNEMIS DU CANCER

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  • Composés phytochimiques: Anthocyanines (delphinidine), acide ellagique,
  • Principaux cancers: Sein, côlon.

Les fraises, bleuets et framboises sont des sources exceptionnelles de composés phytochimiques anticancéreux.

Par leurs propriétés, ces petits fruits sont capables d’interférer avec plusieurs processus impliqués dans la croissance et le potentiel invasif des cellules cancéreuses.

D’une part, les polyphénols comme la delphinidine (bleuet) ou l’acide ellagique (framboise et fraise) bloquent l’activité de protéines essentielles à la formation d’un nouveau réseau sanguin à proximité des tumeurs (angiogenèse), les privant de leur approvisionnement en oxygène et en molécules nutritives.

D’autre part, des études récentes indiquent que la consommation d’une seule portion de bleuets par semaine est associée à une réduction de 31 % du risque de cancer du sein hormono-indépendant chez les femmes ménopausées.

Les bleuets pourraient également exercer un impact positif indirect sur le risque de cancer en bloquant spécifiquement la transformation des préadipocytes en adipocytes matures, ce qui réduit l’accumulation de graisse et prévient le développement de l’obésité, un important facteur de risque de plusieurs types de cancers.

Dans la même veine, l’analyse des habitudes alimentaires de plus de 200 000 Américains révèle que les personnes qui consomment deux portions hebdomadaires d’aliments riches en anthocyanines, notamment les bleuets, ont 25 % moins de risques d’être touchées par le diabète de type 2 et sont donc moins exposées à l’augmentation du risque de cancer qui accompagne l’hyperglycémie chronique.

La saison des petits fruits étant relativement courte, il est d’usage de les conserver pour consommation ultérieure.

La congélation des fruits entiers est considérée comme la méthode de choix pour préserver autant l’intégrité des fruits que leur contenu en composés phytochimiques. Les confitures représentent également une approche valable, car une analyse des polyphénols associés aux fraises conservées de cette façon ne montre aucune perte significative après 5 mois d’entreposage à 25 °C.

La cuisson prolongée des petits fruits et leur entreposage subséquent, sous forme de tartes par exemple, semblent cependant plus problématiques, car ils sont associés à une réduction significative de leur contenu en anthocyanines.

LES CAROTÉNOÏDES METTENT DE LA COULEUR DANS LA PRÉVENTION

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  • Composés phytochimiques : Lycopène, bêta-carotène, lutéine, fucoxanthine
  • Principaux cancers : Prostate,  poumon, sein

 

Les caroténoïdes sont des pigments naturels responsables des colorations variant du jaune orangé au rouge violet d’un grand nombre de fruits et légumes.

Bien qu’il existe plus de 600 caroténoïdes distincts, le bêta-carotène (carottes), la lutéine (épinards) ainsi que le lycopène (tomates) représentent à eux seuls près de 80 % de l’apport en caroténoïdes et ces molécules ont été les plus étudiées jusqu’à présent.

Le lycopène de la tomate est le caroténoïde dont l’action anticancéreuse est la mieux établie.  La consommation régulière de produits à base de tomate est associée à une réduction épidémiologique d’environ 25 % du risque de cancer de la prostate, une protection qui peut même atteindre 53 % pour les formes avancées de cette maladie. Cet effet anticancéreux du lycopène est principalement observé chez les hommes de 65 ans et plus qui n’ont pas d’antécédents familiaux de cancers de la prostate.

Les autres caroténoïdes alimentaires ne sont cependant pas en reste, des apports élevés en alpha et bêta-carotène ainsi qu’en lutéine étant associés à une baisse significative du risque de cancer du sein et du cancer du poumon.

Cette action anticancéreuse n’est pas restreinte aux fruits et légumes «terrestres», car des études en laboratoire indiquent que la fucoxanthine des algues serait l’un des caroténoïdes doté de la plus forte activité anticancéreuse, une action qui pourrait contribuer à la longévité exceptionnelle des habitants d’Okinawa qui consomment ces aliments sur une base quotidienne .

La consommation de fruits et légumes entiers est essentielle pour profiter des bienfaits des caroténoïdes.

L’HUILE OLIVE, L’ÂME DU RÉGIME MÉDITERRANÉEN

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  • Composés phytochimiques: Acide oléique, oléocanthal, hydroxytyrosol, taxifolline
  • Principaux cancers: Sein, côlon

Le régime alimentaire des peuples vivant aux abords de la mer Méditerranée présente de nombreux effets positifs sur la santé, notamment pour la prévention des maladies cardiovasculaires et de plusieurs types de cancers.

Rien d’étonnant d’ailleurs, car il s’agit d’une alimentation exemplaire, riche en fruits et légumes, riche en gras mono-insaturés et polyinsaturés oméga-3, dans laquelle les sucres complexes des fibres ou des céréales sont les sources principales de glucides et où les protéines proviennent principalement des poissons et légumineuses au lieu des viandes rouges.

Des études populationnelles montrent que les personnes qui adhèrent à un régime alimentaire de type méditerranéen ont environ 15 % moins de risques d’être touchées par le cancer.

L’huile d’olive semble être la grande responsable de cet effet protecteur, car une étude clinique randomisée a récemment montré que les femmes qui adhérent à un régime méditerranéen enrichi en huile d’olive ont 40 % moins de risques de développer un cancer du sein.

Puisque les essais randomisés sont considérés comme la référence ultime en recherche clinique (les sujets sont répartis au hasard, ce qui minimise les distorsions statistiques), la diminution drastique du risque de cancer du sein observée à la suite de l’adhésion au régime méditerranéen représente donc une des meilleures preuves à ce jour du rôle capital joué par l’alimentation dans la prévention de ce cancer.

Il est important de privilégier les huiles vierges ou extra-vierges, autant pour leur goût supérieur que pour leur impact sur la santé. Ces huiles contiennent les polyphénols qui sont présents dans les olives de départ, une présence qu’il est très facile à déterminer: un de ces polyphénols, l’oléocanthal, provoque une sensation de chatouillement ou de picotement au niveau de la gorge, ceci est une conséquence de son interaction spécifique avec des récepteurs présents exclusivement au niveau du pharynx. Donc plus ça pique, meilleure est l’action anti-inflammatoire de l’huile d’olive !

LE THÉ VERT, POUR APAISER L’ÂME … ET LE CORPS

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  • Composés phytochimiques: Épigallocatéchine gallate
  • Principaux cancers: Côlon, estomac

De tous les végétaux qui font partie de l’alimentation humaine, les feuilles de Camellia sinensis sont celles qui renferment la plus grande proportion de molécules anticancéreuses.

Une seule tasse de thé vert peut contenir jusqu’à près de polyphénols (flavonols, acides phénoliques, catéchines), notamment l’épigallocatéchine gallate (EGCG), la principale molécule responsable des effets bénéfiques du thé vert sur la santé.

Plus de 11 000 études scientifiques ont montré que l’EGCG est une molécule polyvalente, capable d’interférer avec une foule de processus utilisés par les cellules cancéreuses pour croître et envahir les organes.

L’importance de ces multiples activités biologiques est bien illustrée par la réduction marquée du risque de plusieurs cancers qui est associée à la consommation régulière de thé vert, en particulier celui du côlon.

Les thés verts japonais, plus riches en catéchines, sont la meilleure source d’EGCG, surtout si les feuilles sont infusées de huit à dix minutes pour extraire le maximum des molécules présentes.

Il est préférable d’éviter de boire le thé trop chaud, car les températures élevées semblent contrecarrer les réductions du risque de cancer de l’estomac observées chez les personnes qui consomment régulièrement ce breuvage.

UNE POIGNÉE DE NOIX PAR JOUR, ÉLOIGNE LE MÉDECIN POUR TOUJOURS

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  • Composés phytochimiques: Acide linolénique, composés phénoliques
  • Principaux cancers: Sein, côlon, prostate

Les fruits et graines oléagineux sont des aliments exceptionnels qui ont été pendant trop longtemps laissés-pour-compte en raison de la phobie envers tout ce qui contient du gras.

Pourtant, il s’agit probablement d’une des classes d’aliments qui exercent le plus d’effets bénéfiques sur la santé! Plusieurs observations indiquent en effet que la simple consommation de 3 portions de noix par semaine peut réduire le risque de mort prématurée d’environ 30 %, conséquence d’une réduction significative du risque de maladies du cœur, de diabète de type 2, de maladies respiratoires et de cancer. Dans ce dernier cas, un effet protecteur contre les cancers du côlon et de la prostate  a été suggéré et pourrait être lié au contenu élevé des noix en oméga-3 anti-inflammatoire, fibres et composés phénoliques. Récemment, la consommation régulière de noix (deux fois par semaine) a été associée à une réduction importante du risque de cancer du pancréas, possiblement en prévenant le diabète de type 2 qui est un important facteur de risque pour ce cancer.

Du point de vue botanique, les noix, noisettes, châtaignes et noix de pécan sont les seuls véritables représentants de cette famille, mais en pratique, le terme «noix» englobe les amandes, les noix de cajou, les noix du Brésil, les pistaches et les arachides. Tous ces fruits sont des collations extraordinaires, dont les effets positifs sur la santé demeurent souvent insoupçonnés, parfois même pour des aliments qui font depuis toujours partie de notre quotidien. Par exemple, une étude indique que les jeunes filles qui mangent régulièrement du beurre d’arachide ont 40 % moins de risques de développer des maladies prolifératives bénignes du sein, des lésions qui augmentent significativement le risque futur de cancer.

GRAINES ET GRAINS

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  • Composés phytochimiques: Acide linolénique, lignanes (secoisolaricirésinol, matairésinol)
  • Principaux cancers: Sein, côlon. 

Comme les noix, les graines de lin sont une source exceptionnelle d’oméga-3 anti-inflammatoire à courte chaîne, et il est probable que leur consommation régulière permet de réduire l’inflammation chronique et de générer un climat réfractaire à la progression des cellules cancéreuses.

À cet égard, il est intéressant de noter que des patients atteints d’un cancer de la prostate voient la croissance de leur cancer significativement ralentir suite à la consommation quotidienne de 30 g de graines de lin moulues pendant un mois.

Les graines de lin, de même que les grains entiers, contiennent également des quantités phénoménales de lignanes, une classe de phytoestrogènes distinctes des isoflavones du soja.

Les études indiquent que la consommation de graines de lin ou de pain fabriqué avec ces graines est associée à une réduction d’environ 20 % du risque de cancer du sein, en accord avec l’effet protecteur observé pour les lignanes provenant d’autres végétaux. Cette diminution du risque pourrait être liée à une réduction de l’inflammation, car la présence de grandes quantités de lignanes urinaires s’accompagne d’une diminution de plusieurs marqueurs inflammatoires .

L’inclusion de graines de lin aux yogourts, céréales du matin, ou même lors de la confection de gâteaux représente donc une façon facile et peu coûteuse de profiter de leurs bienfaits. Les produits fabriqués à partir de grains entiers (pain, céréales, pâtes alimentaires) représentent aussi une approche intéressante, car en plus de contenir des quantités appréciables de lignanes, ces aliments sont des sources importantes de fibres et peuvent ainsi jouer un rôle important dans la prévention du cancer colorectal.

LE VIN ROUGE, UN BREUVAGE DIVIN

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  • Composés phytochimiques: resvératrol
  • Principaux cancers: côlon

Le vin rouge est un breuvage très complexe qui contient plusieurs milliers de composés phytochimiques, dont le resvératrol, l’une des seules molécules d’origine nutritionnelle à pouvoir agir simultanément sur plusieurs étapes essentielles à la croissance des cancers, en particulier ceux du côlon.

La clé pour profiter des bienfaits du vin rouge demeure cependant la modération, car, à fortes doses, l’alcool est extrêmement nocif pour les cellules et augmente considérablement les risques de plusieurs cancers, notamment ceux de la bouche, du foie et du sein.

LA MAGIE DES CHAMPIGNONS

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  • Composés phytochimiques: Polysaccharides (ex. lentinane)
  • Principaux cancers: Sein

Au-delà de leurs propriétés culinaires, les champignons ont de tout temps représenté une composante importante des médecines traditionnelles de plusieurs pays, en particulier en Asie.

En ce qui a trait à la prévention du cancer, les résultats des études épidémiologiques qui ont examiné la relation entre la consommation de champignons et la réduction du risque de développer un cancer sont encourageants.

Par exemple, une analyse de plusieurs études réalisées sur l’impact des champignons sur le cancer du sein a démontré que la consommation quotidienne de 10 g de champignons est associée à une réduction d’environ 20 % du risque. Il semble que cet effet protecteur serait associé à une hausse de l’activité du système immunitaire par les composés actifs des champignons qui augmentent les chances de pouvoir contrôler les tumeurs naissantes et de les empêcher d’atteindre un stade mature.

LES CRUCIFÈRES, POUR FAIRE UNE CROIX SUR LE CANCER

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  • Composés phytochimiques: Sulforaphane, PEITC, I3C
  • Principaux cancers: Poumon, vessie, prostate

Les crucifères sont une famille de plantes qui possèdent la caractéristique commune de produire des fleurs à quatre pétales, disposés en croix grecque.

Les différentes formes de choux, le brocoli, le chou-fleur, le radis et le navet, sont les principales crucifères consommées, mais le cresson, la roquette ou le rapini font aussi partie de cette famille et offrent l’opportunité de profiter des bienfaits des crucifères tout en ajoutant une touche de variété aux expériences culinaires.

L’importance de ces légumes pour la prévention du cancer vient du fait qu’ils sont les seuls végétaux de l’alimentation à contenir des quantités importantes de glucosinolates, une classe de composés inertes, mais qui sont transformés en puissantes molécules anticancéreuses (isothiocyanates et indoles) à la suite du bris des cellules végétales lors de la mastication :

Glucosinolates

Myrosinase 
Isothio-cyanates

Détoxification cancérigènes
Arrêt prolifération cellules cancéreuses
Mort des cellules cancéreuses

La consommation régulière de crucifères est associée à une réduction significative du risque de plusieurs types de cancers. Cet effet protecteur est particulièrement bien documenté pour les cancers du poumon (même chez les fumeurs), de la vessie  et de la prostate, mais des études récentes suggèrent que ces légumes pourraient aussi réduire le risque des cancers du côlon, de l’estomac  et du sein .

Le meilleur moyen de profiter au maximum des propriétés anticancéreuses des crucifères est de les cuire à la vapeur ou en sautés, pour maximiser leur contenu en isothiocyanates.

Exceptionnellement, pour cette famille de légumes, les produits surgelés sont quant à eux à éviter autant que possible, car le blanchiment à température élevée, nécessaire à la conservation des légumes, inactive la myrosinase.

Par contre, des travaux récents indiquent que l’addition d’un extrait de radis à ces légumes permet de compenser cette perte de l’enzyme et ces produits pourraient donc s’avérer intéressants dans un proche avenir .

LE CHOCOLAT, NOURRITURE DES DIEUX

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  • Composés phytochimiques: proanthocyanidines
  • Principaux cancers: Côlon

L’intérêt porté aux effets bénéfiques du chocolat noir provient de son abondance en composés phytochimiques : un seul carré de chocolat noir contient deux fois plus de polyphénols qu’un verre de vin rouge et autant qu’une tasse de thé vert longuement infusé.  Cet impact positif du chocolat noir est particulièrement bien documenté en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, a consommation régulière de 5 à 10 g de chocolat 70 % étant associée à une baisse importante (50 %) de la mortalité liée à ces maladies. Il est aussi intéressant de noter que ces effets cardiovasculaires se traduisent par une meilleure circulation du sang vers le cerveau, ce qui pourrait contribuer à l’amélioration significative de la mémoire et des fonctions cognitives observée à la suite de la consommation de chocolat.

Pour ce qui est du cancer, il a été observé que l’ingestion de 45 g de chocolat noir contenant 860 mg de polyphénols était associée à une diminution marquée des dommages à l’ADN des cellules sanguines causés par le stress oxydatif, ce qui réduit les risques de mutations pouvant initier un cancer. Ces résultats concordent avec plusieurs études précliniques qui ont montré que les polyphénols de la pâte de cacao ont une forte activité anticancéreuse et antiangiogénique et sont capables de retarder le développement de plusieurs types de cancers chez les animaux de laboratoire, notamment celui du côlon. Dans ce dernier cas, il est possible que cet effet protecteur soit lié à une réduction de l’inflammation, car la majorité des polyphénols du cacao atteignent le côlon, où ils sont transformés par les bactéries intestinales en acides phénoliques et en acides gras à courtes chaînes dotés de propriétés anti-inflammatoires. Au même titre que les fruits et légumes, l’inclusion du chocolat noir aux habitudes alimentaires pourrait donc avoir des bénéfices importants pour le bon fonctionnement de l’intestin et, par ricochet, pour la prévention du cancer colorectal.

Qui a dit que manger sainement était désagréable ?

LA PÊCHE, UN PÉCHÉ MIGNON ANTICANCÉREUX

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  • Composés phytochimiques: acides cholorogéniques
  • Principaux cancers: Sein

La pêche, tout comme ses proches parents botaniques de la famille Rosaceae (prune, poire, pomme), contient des quantités importantes d’acides chlorogénique et néochlorogénique, deux polyphénols qui contribuent aux propriétés anticancéreuses de ces aliments.

Par exemple, des extraits de pêche contenant les acides chlorogénique et néochlorogénique sont capables de bloquer spécifiquement la croissance de cellules cancéreuses du sein, tandis qu’ils n’ont aucun effet sur les cellules normales, non cancéreuses. Dans des modèles précliniques, cet effet inhibiteur se traduit par une réduction importante de la croissance tumorale et de la formation de métastases, et ce, à des quantités de polyphénols pouvant facilement être atteintes par l’alimentation (deux pêches). Ces observations concordent avec des études récentes qui montrent que la consommation régulière de pêches et de nectarines est associée à une réduction importante (40 %) de certains types de cancers du sein. Dans l’état actuel des connaissances, il n’y a donc pas de doute que les pêches et nectarines représentent des ajouts très intéressants à l’alimentation de toute personne qui désire réduire son risque de cancer du sein.

LES AGRUMES, UN ZESTE DE MOLÉCULES ANTICANCÉREUSES

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  • Composés phytochimiques : Monoterpènes, flavanones
  • Principaux cancers : Estomac

Surtout reconnus pour leur contenu élevé en vitamine C, les agrumes contiennent également plusieurs composés phytochimiques (polyphénols et monoterpènes) qui peuvent contribuer à la prévention du cancer.

Les études réalisées en laboratoire suggèrent que ces molécules sont actives contre plusieurs types de cellules cancéreuses et les données épidémiologiques indiquent que la consommation régulière d’agrumes est associée à une réduction du risque des cancers de l’estomac et de l’œsophage.

Les agrumes influencent aussi indirectement le risque de cancer, en modulant les systèmes enzymatiques impliqués dans l’élimination des substances étrangères de l’organisme.

Les agrumes sont très souvent consommés sous forme de jus et il faut garder en tête que ces boissons sont très sucrées, et l’absence de fibres entraîne une absorption très rapide du glucose et du fructose qu’ils contiennent.

Redécouvrir le plaisir associé à manger une orange ou un pamplemousse entier représente donc une bonne façon de profiter des bienfaits de ces fruits exceptionnels, tout en évitant les variations trop brusques de la glycémie qui peuvent contribuer au surpoids.

UN P’TIT CAFÉ POUR LA PRÉVENTION ?

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  • Composés phytochimiques : Caféine, acide caféique
  • Principaux cancers : Foie, sein, côlon, mélanome

Beaucoup plus qu’un simple stimulant, le café est en fait une boisson d’une grande complexité, qui contient un large éventail de molécules phytochimiques aux multiples activités biologiques.

L’analyse d’une soixantaine d’études populationnelles indique que les buveurs réguliers de café ont un risque environ 20 % plus faible d’être touchés par un cancer que les personnes qui n’en consomment jamais ou très rarement. Cet effet protecteur est particulièrement bien documenté pour le cancer du foie, avec  une réduction d’environ 40 % moins de risques d’être touchée par cette maladie.

Une autre étude a également rapporté que les femmes qui boivent régulièrement du café voient leur risque d’être touchées par un cancer du sein diminuer de 20 %.

Le café pourrait aussi réduire significativement les récidives pour les femmes qui ont combattu un cancer du sein hormonodépendant et qui sont traitées avec le tamoxifène, la consommation modérée de café étant associée à une réduction de 50 % des récidives.






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