Le bio de supermarché est-il bon ?

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On le sait, manger bio c’est privilégier une alimentation saine et une agriculture responsable face à une industrie alimentaire productiviste. Mais entre petites entreprises du bio et grandes marques industrielles, tous les “bio” se valent-ils? 

Consommer bio est généralement la conséquence alimentaire d’un mode de vie et d’un mode de pensée. Une volonté de manger mieux certes, mais aussi l’envie de valoriser des modes de production plus respectueux de la planète et plus justes pour les producteurs. Dans les premiers temps, les consommateurs de produits bio s’orientaient surtout vers les produits de base tels que les fruits et légumes ou la viande. Aujourd’hui, si la demande est bien plus importante, elle est surtout bien plus diversifiée car le consommateur veut trouver l’équivalent bio de son panier d’achat traditionnel.

Avec une croissance spectaculaire au cours de ces dix dernières années, le secteur du bio représente désormais plus de quatre Milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en France. Un marché dont se sont emparé les grands distributeurs, dont la logique productiviste peut sembler incompatible avec les valeurs de base revendiquées par le bio.

Des produits bio plus compétitifs en supermarché

Depuis peu, les grands distributeurs et bon nombre de grandes marques de l’industrie agroalimentaire ont développé des gammes de produits bio qui se veulent plus accessibles qu’en magasin spécialisé. Si leur intérêt nutritionnel reste évidemment meilleur que celui des produits conventionnels, le bio de supermarché est néanmoins soumis à la logique de rendement de la grande distribution, au détriment parfois de certaines valeurs environnementales et sociales.

Dans leur course au prix, les distributeurs se tournent vers des pays producteurs où la main d’œuvre est bon marché, ce qui est souvent synonyme de mauvaises conditions de travail pour les paysans. Afin de pouvoir les obtenir au prix plancher, les distributeurs choisissent généralement des matières premières de moins bonne qualité dont les conditions de culture peuvent se rapprocher de celles de l’agriculture intensive: cultures hors-sol, monocultures, plantations démesurées,… Or, l’un des principes fondamentaux de l’alimentation bio est de privilégier une logique de qualité à une à une logique de rendement.

Par ailleurs, l’importation de denrées alimentaires a un lourd impact environnemental. Selon l’ADEME, Agence De l’Environnement et de la Maîtrise des Énergies, un fruit hors-saison importé par avion nécessiterait 10 à 20 fois plus de ressources énergétiques que le même fruit produit localement. En outre, si en Europe la législation est la même pour tous en matière de production et d’étiquetage de produits biologiques, les pays fournisseurs en dehors de l’Union Européenne n’ont pas toujours le même cahier des charges et les produits importés de ces pays ne répondent pas nécessairement aux critères du biologique français.

Des certifications pour vous aider à choisir

Certaines appellations vont au-delà de la législation européenne et imposent un cahier des charges plus stricte aux producteurs. C’est notamment le cas de “Nature&Progrès”, “Demeter” ou du certificat “bio Cohérence”. Ce dernier interdit notamment la culture hors-sol et garantit l’absence totale d’OGM, que l’on retrouve parfois à hauteur de 0.9% dans certains produits disposant de la certification bio européenne.

S’il ne faut pas diaboliser le bio industriel, qui reste nettement préférable aux produits issus de l’agriculture intensive conventionnelle, il existe des initiatives qui favorisent les productions locales et le commerce sans intermédiaires, pour une consommation plus responsable. C’est notamment le cas des AMAP, Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, au sein desquelles paysans et consommateurs traitent directement. Un système basé sur une relation de confiance assurant des produits de qualité au consommateur et une juste rémunération des producteurs.






Source Manon Laplace

 

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