Savez-vous comment sont produites toutes les crevettes que vous consommez ?

Imprimer







La consommation mondiale de crevettes explose. Elle connaît une croissance importante, surtout depuis 10 ans. Production artisanale dans les années 70, l’élevage de crevettes appelé aussi pénéiculture est devenu aujourd’hui industriel.  Sur les étals, les prix connaissent des écarts très importants pour des produits apparemment identiques. Pourquoi cette différence ?

L’élevage de crevettes se pratique en Asie depuis le 15e siècle sur le littoral et les rives de fleuves. Les mangroves, naturellement riches, ont servi de tout temps de lieux d’élevage, et les crevettes se nourrissent des organismes présents naturellement dans le milieux. Depuis, la production de crevettes a évolué considérablement.

Une consommation croissante

Une ferme d'élevage de crevettes en Thaïlande

Une ferme d’élevage de crevettes en Thaïlande

La consommation de crevettes connait un boom dans les années 1980, au moment même où les stocks de crevettes sauvages diminuent d’une façon alarmante. Pour répondre à cette demande croissante, les pays asiatiques comme la Thaïlande, Taiwan, le Vietnam, l’Indonésie, l’Inde se tournent vers l’élevage intensif à grande échelle et exporte en masse leurs productions de crevettes. D’autres pays leur emboîtent le pas : le Brésil, le Mexique et surtout l’Equateur.

Des élevages industriels intensifs

La taille des exploitations est passée de quelques hectares à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’hectares. La densité des crevettes a été multipliée d’une façon importante pouvant aller jusqu’à 200 individus au mètre carré. L’alimentation des crevettes est elle aussi devenue industrielle, à base de farines animales d’origine terrestre et de farines de poissons. La fertilisation intensive des zones de production augmente artificiellement la production de phytoplancton, autre source de nourriture des crevettes.

L’augmentation de la densité des crevettes a provoqué de nombreuses maladies et épidémies mortelles pour les crevettes. Des traitements antibiotiques en grande quantité sont mis en place par les producteurs car ils ne peuvent se permettre de perdre la totalité de leurs élevages si les bassins de production sont infectés. Ces traitements se retrouvent dans les crevettes que nous mangeons.

L’augmentation de la taille des élevages industriels a un impact important sur l’environnement et l’écosystème des pays producteurs. D’énormes surfaces de mangroves ont ainsi disparues. Le rejet massif des effluents et des boues polluées contenant antibiotiques, engrais chimiques, pesticides…, induits par la production de crevettes lors des vidanges des étangs de production provoquent également de graves pollutions.

Une évolution lente vers des pratiques de production plus respectueuses

Depuis quelques années, le système de production est remis en question par certains états, par des ONG, et par les consommateurs… pour que les pratiques de production de crevettes soient plus respectueuses de l’environnement, du consommateur et des crevettes elles-mêmes.

Des entreprises d’élevage de crevettes se tournent depuis quelques années vers des systèmes de production semi-intensifs et extensifs, avec moins de traitements, une densité de crevettes plus faible, une meilleure qualité de l’eau, des fermes aquacoles installées en dehors des mangroves et des zones humides…






Et pour le consommateur ?

Les modes de production labellisées – labels rouges, labels bio… – sont pour le consommateur l’assurance d’une meilleure qualité des crevettes produites. Ces labels permettent de garantir l’origine des crevettes et leur mode de production. Modèle d’élevage extensif avec 5 à 10 crevettes au mètre carré au lieu de 100 à 200 pour l’élevage intensif. Alimentation de qualité garantie sans OGM ni farine animale terrestre, pas d’antibiotique, pas de colorant ajouté à la cuisson… La traçabilité est essentielle pour garantir la qualité des crustacés.

Label RougeLe Label Rouge est décerné par le Ministère français de l’Agriculture et de la Pêche. Il est attribué aux crevettes dont les qualités gustatives sont validées par des panels d’experts et de consommateurs. Les crevettes produites selon des méthodes de production et de conservation décrites dans un cahier des charges exigeant, sont certifiées.

Le label AB certifie que les produits ne contiennent pas d’OGM, Organismes Génétiquement Modifiés. Ce label garanti aux consommateurs 95% d’ingrédients naturels d’origine agricole et dans le respect des cycles biologiques.

Certains labels sont remis en question. Le dénommé WWF-ShAD (Dialogue sur l’aquaculture de la crevette) ne fait pas l’unanimité. Les critères et le processus de production seraient remplis de défauts. Et certaines grandes entreprises l’utiliseraient comme « alibi » pour imposer leurs méthodes de production.

Avant d’acheter des crevettes…

Etal de crevettes à la poissonnerieLes crevettes vendues dans les supermarchés et dans certaines poissonneries sont principalement des crevettes d’élevages produites dans des fermes aquacoles intensives. En provenance principalement de Thaïlande et de l’Equateur, ces crevettes sont de piètre qualité, produites avec de l’alimentation à base de farines animales, d’OGM. Les traitements antibiotiques, les pesticides, les engrais chimiques sont présents en grande quantité dans la chaîne de production. La densité des crevettes dans les bassins d’élevage est énorme. L’environnement et l’écosystème ne sont pas suffisamment pris en compte dans les critères de production.

Crevettes de Madagascar réputées pour leur qualité, crevettes de Thaïlande ou de l’Equateur considérées comme de qualité médiocre, c’est le raccourci que l’on pourrait être tenté de faire. Tous les pays producteurs de crevettes font actuellement des efforts. Des crevettes certifiées bio ou labellisées sont produites en Indonésie, Équateur, Vietnam, Inde, Bangladesh, Thaïlande, Brésil…

Manger des crevettes de qualité, nécessite d’être vigilant lors de l’acte d’achat. Seuls les labels permettent d’en garantir la qualité. Et si certains prix sont très bas, c’est certainement que la qualité n’est pas au rendez-vous.







Sources :
> fr.wikipedia.org
> Doit-on se méfier des crevettes pas chères ? Video

Merci pour votre partage !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *