Les bienfaits de la solitude

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Osez passer du temps avec vous-même et découvrez les bienfaits d’une solitude productive.

Réapprivoisez la solitude et ses bienfaits

En 2011, des chercheurs américains ont administré une décharge électrique douloureuse aux participants d’une étude. Ils leur ont ensuite remis un billet de 5 $ et demandé combien ils étaient prêts à céder sur cette somme pour ne plus subir la sensation désagréable. Pour la deuxième étape, chaque sujet devait rester seul dans une pièce 15 minutes, avec, comme unique stimulation, la possibilité d’appuyer sur un bouton pour s’administrer la même décharge. Plus de 60 % des hommes et 25 % des femmes qui aaffirmaient préférer payer pour l’éviter ont appuyé sur le bouton. Il semblerait que la douleur physique ait été alors préférable à quelques minutes seul avec soi-même…

La solitude n’est décidément pas notre point fort. Mais selon la recherche, nous gagnerions à surmonter l’angoisse qu’elle fait naître. Il ne s’agit pas pour autant de devenir ermite, mais passer un peu plus de temps seul comporte des avantages.

On s’améliore

Selon Eric Klinenberg, professeur en sociologie à l’Université de New York, l’accès constant aux téléphones portables et aux réseaux sociaux augmente notre aversion pour la solitude. La peur de passer à côté de quelque chose est entretenue par d’innombrables photos de nos amis participant à des activités passionnantes. Le besoin de se divertir n’est jamais assouvi, explique M. Klinenberg, et nous éloigne de ce qu’il appelle la « solitude productive».

Réfléchir à nos actes et songer à nos futurs progrès personnels est la pierre angulaire de la solitude productive. Organiser notre temps pour y parvenir pourrait nous rendre plus heureux, plus forts et plus responsables. Autrement dit, cela permet de prendre du recul pour mieux retrouver la vie courante avec discernement et énergie.

« La réflexion en solitaire est un bon moyen de donner un sens à nos choix, affirme Eric Klinenberg. À moins d’être entièrement satisfait de vous-même et de votre façon de vivre, la solitude productive est une nécessité. »

On est plus bienveillant envers les inconnus

En 2012, lors d’une étude publiée dans le Journal of Experimental Social Psychology, des chercheurs ont mis en place une série d’expériences pour déterminer comment nos liens sociaux affectaient la nature de nos relations avec ceux qui ne font pas partie de nos groupes d’appartenance.

Dans une des expériences de psychologie sociale, les chercheurs ont réparti les sujets en deux groupes. Ceux du premier devaient se présenter au laboratoire avec un ami et ceux du second étaient attendus seuls. Puis les participants ont formé des paires : ceux qui étaient venus seuls ont été jumelés à un inconnu, les autres, à leur ami. On leur a ensuite montré des photos en prétendant que c’était celles de responsables d’un attentat terroriste. Les sujets devaient répondre à plusieurs questions, notamment pour évaluer leur empressement à maltraiter autrui, par exemple : « Vous semble-t-il important de traiter ces gens avec humanité ? » Les sujets venus accompagnés étaient plus enclins à cautionner la violence que ceux qui étaient venus seuls.

Les chercheurs émettent l’hypothèse que ceux qui passent beaucoup de temps avec leurs proches sont moins disposés à se lier aux autres. C’est un paradoxe, mais passer plus de temps avec des connaissances peut nous conduire à éprouver moins d’empathie envers des inconnus.

On rate moins de choses

Pour plusieurs, l’idée d’aller au concert ou au restaurant seul est source d’angoisse – et si les clients me voyaient comme un paria ? Pour Rebecca Ratner, qui enseigne à l’Université du Maryland, cette crainte nous prive de plaisirs. «Les gens veulent faire des activités qui leur plaisent – aller au cinéma ou assister à un spectacle à l’affiche un seul soir – mais s’ils n’ont pas d’amis pour les accompagner, ils préfèrent y renoncer», déplore-t-elle.

Pourtant, ses recherches ont démontré que l’activité solitaire, en nature par exemple, n’était pas moins agréable qu’en bonne compagnie. Pour une étude publiée en 2015, l’équipe de Rebecca Ratner a recruté des participants au sein d’une association étudiante et leur a demandé de passer au moins cinq minutes dans une galerie d’art des environs. Certains y sont allés seuls, d’autres à deux. Sans surprise, ceux qui étaient seuls craignaient de trouver l’expérience moins agréable. Mais en sortant de la galerie, les sujets des deux groupes avaient éprouvé le même plaisir.






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